16 rue Thiers - 55120 Clermont-en-Argonne

06 33 47 02 71 - 06 95 04 88 39 avenirargonne@argonne-pnr.fr

La faune & la flore

Une remarquable biodiversité !

La faune…et ses oiseaux

Milan noir par L.Lambert

La diversité des habitats, et la situation géographique de l’Argonne lui permettent d’accueillir de très nombreuses espèces d’oiseaux nicheuses, migratrices et/ou hivernantes. Les inventaires naturalistes ZNIEFF et les données LPO de Champagne-Ardenne et de Lorraine font état de 287 espèces sédentaires ou non, dont 241 sont inscrites sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de France. Parmi ces 241 espèces, la Pie-grièche à poitrine rose (Lanius minor), la Grue Cendrée (Grus grus) et la Bécassine des marais (Gallinago gallinago) sont considérées comme étant « en danger critique d’extinction ».

 

En plus de ces trois espèces, 35 autres sont classées comme « vulnérables », 10 classées comme « en danger » et 28 comme « quasi-menacées ».
La diversité d’habitats présents en Argonne favorise l’existence de lieux de nidification favorables. Le statut de nidification des espèces sédentaires est déterminé en fonction de situations observées et peut prendre les valeurs « possible », « probable » ou « certaine ».

Sur la totalité des espèces répertoriées, 150 sont des espèces sédentaires et 105 sont des nicheuses certaines. La nidification est également suspectée pour 45 autres espèces.

L’absence de données pour une cinquantaine d’espèces dont la présence est avérée révèle un besoin de prospections spécifiques sur le périmètre.

Sur les 150 espèces pour lesquelles la nidification est avérée ou suspectée en Argonne, 54 sont classées « En danger critique », « en danger », « vulnérables » ou « quasi-menacée » sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine. La liste de ces espèces est présentée en annexe II. La surveillance de certaines espèces d’oiseaux présentes en Argonne peut donner des indications sur l’évolution climatique. Ainsi, la Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla), nicheuse certaine en Argonne et classée en « préoccupation mineure » sur la liste rouge des oiseaux nicheurs de France, est une espèce migratrice qui bénéficie du réchauffement climatique et commence à hiverner en France. D’autres espèces, comme le Pouillot siffleur (Phylloscopus sibilatrix), nicheur certain en Argonne, souffrent d’une désynchronisation entre la période de reproduction des oiseaux et celle de leurs proies.

Quelques espèces d’oiseaux patrimoniales…La Cigogne noire

Cigogne noire par L.Lambert

La Cigogne noire (Ciconia nigra) est un grand échassier de la famille des ciconiidés. C’est la plus petite des Cigognes vivant en France (légèrement plus petite que la Cigogne blanche (Ciconia ciconia). Elle niche dans des grandes et vieilles forêts au sommet des arbres, à plus de 12m du sol et occupe le nid des années précédentes, qu’elle recharge simplement en branchage.

La Cigogne noire est un excellent indicateur de bonne santé des milieux, l’avenir de l’espèce dépend de celui des écosystèmes qui l’hébergent.

 

 

La France en accueille seulement entre 15 et 30 couples, tous situés dans le centre et l’est de la France. En forêt d’Argonne, les cigognes noires sont répertoriées sur 4 à 7 sites, et sont régulièrement visibles sur les secteurs prairiaux, en particulier dans les vallées et vallons humides (Aisne, Aire, Biesme, et leurs affluents).

Elles recherchent leur nourriture dans les prairies humides le long des cours d’eau.

Le Busard cendré

Le Busard cendré (Circus pygargus) est l’une des espèces de rapaces les plus emblématiques des plaines agricoles. En France on compte 4 000 à 5 000 couples sur tout le territoire. La chute constatée des populations est due aux activités humaines et en particulier à la diminution constante des habitats favorables à sa nidification qui le pousse à nicher dans les champs de blé ou d’orge (environ 80% de la population). Ces champs étant moissonnés avant l’envol des jeunes, beaucoup d’entre eux sont tués chaque année.

Sans la mise en place de mesures de protection des nids, il aurait probablement disparu de nos campagnes. Le secteur de l’Argonne abrite une des plus grosses populations de Meuse voire de Lorraine. De nombreuses associations locales participent à la protection de cette espèce en repérant les nids, et en mettant en place des protections par cage grillagée (Photo 8). En 2016, 87% des nids repérés en Lorraine ont bénéficié d’une protection.

Le Milan royal

Tout comme la Cigogne noire il s’agit d’une espèce très sensible. Le Milan royal (Milvus migrans) est également inventorié comme nicheur en Argonne (observations en période de nidification et de migration). D’après le PNA Milan royal (Plan National d’Action en faveur du Milan royal) sorti fin 2014, il semblerait qu’un secteur de nidification ait été trouvé en 2013 sur le périmètre d’étude. La nidification vraisemblable du Milan royal confère à l’Argonne un intérêt remarquable. La population française de Milan royal est en chute constante et cette donnée nationale est vérifiée en Lorraine. D’après une étude de l’association de protection de la nature LOANA, les effectifs ont chuté de 80% en quelques années, seulement 19 couples ont été dénombrés en Lorraine lors de la saison 2012 et 14 couples en 2013.

La Grue cendrée

La Grue cendrée (Grus grus) est le plus grand échassier d’Europe. Elle est présente en France entre octobre et mars. De plus en plus d’individus restent sur le territoire métropolitain durant la saison estivale. Il en passe chaque année en France plusieurs centaines de milliers qui rejoignent les pays du sud de l’Europe (Espagne, Portugal…). La Lorraine est la région de France qui voit passer le plus de Grues cendrées en migration, à cause notamment de la proximité du lac du Der et de la présence de quelques grands étangs. La Grue cendrée est l’espèce dont la migration est la plus documentée en France, notamment grâce au « réseau grue ». De ce fait on connait précisément les couloirs migratoires des grues. Ceux-ci traversent l’Argonne en direction de ses grands étangs et du Lac du Der. La Grue cendrée n’est pas connue comme nicheuse en Argonne bien que quelques tentatives de nidification aient été rapportées.

Le gobemouche à collier

Le Gobemouche à collier (Ficedula albicollis), espèce forestière qui niche dans les cavités naturelles des arbres ou dans d’anciennes loges de pics, se nourrit d’insectes et affectionne plus particulièrement les vieilles futaies claires de chênes avec peu ou pas de taillis. Les populations nicheuses argonnaises se trouvent surtout sur la partie sud du périmètre et autour des étangs de Belval-en-Argonne situés en limite ouest de l’aire de répartition de l’espèce. En raison de son étroite dépendance à la chênaie âgée, la conservation de cette espèce est étroitement liée à une gestion forestière raisonnée. Le Docob Natura 2000 ZPS étangs de Belval intègre par exemple à ce titre le maintien d’îlots de vieillissement dans les parties forestières du site.

Les chauves-souris

Le territoire de l’Argonne dispose de nombreux sites de chasse pour les chiroptères (zones humides, espaces ouverts, forêts…) mais également d’un important cortège de sites propices à l’accueil des chauves-souris. Les édifices tenant habituellement lieu de gîte à ces animaux (églises, vieux greniers, granges…) sont complétés en Argonne par la présence importante de vestiges liés à la Première Guerre Mondiale (abris souterrains, tunnels…) et de failles ou de cavités naturelles. Le périmètre d’étude comporte par ailleurs en intégralité ou en partie, 4 ZNIEFF de type I et une Zone Spéciale de Conservation (Natura 2000 Directive Habitats) déterminées par la présence remarquable des chiroptères. Les données sur les chiroptères sont issues des bases de données de la CPEPESC Lorraine (Commission de Protection des Eaux, du Patrimoine, de l’Environnement, du Sous-sol et des Chiroptères de Lorraine) représentant pour le périmètre d’étude 2 158 observations de chiroptères, correspondant à la prospection de 829 sites. Ces éléments ont été complétés grâces aux données portant sur la partie ardennaise du périmètre d’étude, fournies par l’association ReNArd (Regroupement des Naturalistes Ardennais). Les éléments ci-dessous portent donc plus précisément sur les parties ardennaise et meusienne du périmètre d’étude, et ont été complétés avec les données des inventaires ZNIEFF pour la partie marnaise.

Les inventaires révèlent la présence de 18 espèces de chauves-souris en Argonne sur la vingtaine d’espèces que comptent la Champagne-Ardenne et la Lorraine (respectivement 23 et 24 espèces).
Cela correspond à plus de 50% des espèces représentées au niveau métropolitain puisque la France compte au total 34 espèces de chauve-souris. Parmi les espèces répertoriées sur le périmètre d’étude du PNR, sept sont reconnues d’intérêt communautaire et inscrites à l’annexe II de la Directive Habitat. Toutes les espèces présentes en Argonne sont également inscrites en annexe II des conventions de Berne et de Bonn.

Autres mammifères

Chat sauvage par L.Lambert

En dehors des chauves-souris, l’Argonne abrite également près de 25 espèces de mammifères. Les observations sont issues d’un croisement entre les données du GEML (Groupe d’Etude desMammifères de Lorraine), des Fédérations Départementales de Chasse et des inventaires ZNIEFF.

 

Le manque de prospections naturalistes dédiées ne permet cependant pas d’avoir une vision exhaustive de la diversité spécifique des mammifères sur l’Argonne.

 

 

Parmi les espèces répertoriées, il faut noter la présence du chat forestier (Felis silvestris), de l’écureuil roux (Sclurus vulgaris), de la martre des pins (Martes martes), du putois (Mustela putoris), et du castor (Castor fiber), cinq espèces d’intérêt communautaire. Pour les espèces de grands gibiers, il existe les suivis réguliers menés par les organismes du monde de la chasse. L’objectif étant d’avoir une idée précise de l’état des populations et de leur pression sur le milieu, afin d’organiser des plans de chasse. En termes d’évolution des populations, le Cerf élaphe (Cervus elaphus) est en progression sur l’ensemble du périmètre.

 

Cette augmentation est le résultat de plans de chasse rendus obligatoires pour cette espèce et d’une gestion quantitative et qualitative des populations. Pour ce qui est du Sanglier (Sus scrofa) le nombre d’attributions dans les plans de chasse est en baisse depuis 2012 et s’est stabilisé pour le chevreuil (Capreolus capreolus).

Herpétofaune

Vipère à l’eau par L.Lambert

Les données collectées par le CEN Lorraine et la Commission Reptiles et Amphibiens de Lorraine, ainsi que les inventaires ZNIEFF montrent la présence de 13 espèces d’amphibiens et de 5 espèces de reptiles sur le périmètre d’étude.

Pour les amphibiens, la richesse spécifique peut être considérée comme assez forte car la Lorraine compte 19 espèces au total, et la Champagne Ardenne en abrite 16. Concernant les reptiles, la pression d’observation est relativement faible, et les inventaires n’en décrivent que 5 espèces sur l’Argonne, contre 13 espèces en Lorraine et 12 en Champagne-Ardenne.

 

Ceci traduit un manque de connaissances sur ce dernier groupe. A titre d’exemple, la Couleuvre verte et jaune (Hierophis viridiflavus) qui se trouve en limite d’aire de répartition au sud du périmètre d’étude, et qui figure sur les listes des espèces déterminantes ZNIEFF de Champagne-Ardenne et de Lorraine, serait à rechercher.

Parmi les espèces répertoriées, 10 sont reconnues d’intérêt communautaire. Il faut également souligner la présence du Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata), espèce classée comme vulnérable sur la liste rouge nationale et en forte régression au niveau national, mais qui semble avoir encore de belles populations en Argonne.

 

D’autres espèces sont aussi considérées comme quasi-menacées comme le Triton crêté (Triturus cristatus), le Triton ponctué (Lissotriton vulgaris), la Rainette verte (Hyla arborea), la Grenouille verte (Pelophylax kl. Esculentus), la Grenouille de Lessona (Pelophylax lessonae) et le Lézard des murailles (Podarcis muralis). Le tableau suivant indique l’état des connaissances de l’herpétofaune présente en Argonne.

 

Liste des reptiles et amphibiens dits “vulnérables” et/ou “quasi-menacés” en Argonne :

 

  • Alyte accoucheur (Alytes obstetricans)
  • Couleuvre à collier (Natrix natrix)
  • Crapaud commun (Bufo bufo)
  • Grenouille agile (Rana dalmatina)
  • Grenouille de (Lessona Pelophylax lessonae)
  • Grenouille rousse (Rana temporaria)
  • Grenouille verte (Pelophylax kl. Esculentus)
  • Lézard agile (Lacerta agilis)
  • Lézard des murailles (Podarcis muralis)
  • Lézard vivipare (Zootoca vivipara)
  • Orvet (Anguis fragilis)
  • Rainette arboricole (Hyla arborea)
  • Salamandre tachetée (Salamandra salamandra)
  • Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata)
  • Triton alpestre (Ichthyosaura alpestris)
  • Triton crêté (Triturus cristatus)
  • Triton palmé (Lissotriton helveticus)
  • Triton ponctué (Lissotriton vulgaris)

 

L’ensemble du périmètre d’étude présente donc un enjeu fort sur l’herpétofaune. Concernant les amphibiens, certaines zones sont déjà bien identifiées et bénéficient de mesures de protection comme par exemple le site Natura 2000 des Marais de Germont-Buzancy. En complément aux données présentées ci-dessus, la présence de la Tortue de Floride (Trachemys scripta elegans), espèce non indigène et invasive, a été relevée sur quelques étangs d’Argonne.

Entomofaune

Les insectes représentent 80% des espèces animales. Il est donc très difficile d’en faire un inventaire exhaustif. Dans les inventaires ZNIEFF les insectes représentent pourtant seulement 10% des espèces inventoriées. Au sein même du groupe taxonomique, il existe de grandes disparités de prospection entre les ordres. 75% des données de la Société Lorraine d’Entomologie (SLE) ne concernent ainsi que les lépidoptères, les odonates et les orthoptères. Cette hétérogénéité peut s’expliquer par la facilité d’observer et d’identifier certains insectes, quand d’autres nécessitent l’utilisation de clés de détermination et de loupes binoculaires. De plus, les entomologistes n’étant pas très nombreux et souvent spécialistes d’un seul groupe, il est compliqué de prospecter les secteurs de manière exhaustive.

La flore

L’Argonne, Pays de l’Arbre Roi…

L’Argonne est un territoire connu pour ses étendues forestières. Certaines sources donnent au nom « Argonne » la signification de « Pays de l’Arbre Roi ». Dans les immenses forêts composées à 80% de feuillus, quelques individus apparaissent comme des spécimens remarquables par leur originalité, leur gabarit ou leur essence devenue rare. C’est le cas des Ormes lisses dont quelques individus subsistent en Argonne. Certains chênes font office d’attraction touristique tant leurs dimensions impressionnent. C’est le cas du « Gros Chêne », près de Boult-aux-Bois, du « Chêne Louis XIV » à Villers en Argonne, du « Chêne du Roi de Rome » en forêt de Châtrices, du « Lorang » près de la Haute Chevauchée en Meuse, du « Roi de l’Argonne », à Clermont-en-Argonne ou du « Chêne Giraut »

Au titre des arbres originaux, il faut citer le « Fau de Valmy » en forêt de Sainte-Ménehould. Avec le réchauffement climatique, certaines maladies apparaissent sur les arbres. C’est le cas de la
chalarose qui fait des dégâts important sur les plantations de frênes. Cette maladie est transmise aux arbres par un champignon pathogène, auquel seuls 2% des individus semblent résister. En forêt de Laheycourt (partie sud du périmètre d’étude), les dégâts ont été estimés à hauteur des trois quart des frênes dépérissant. Au-delà des inquiétudes que cette maladie soulève pour l’avenir de l’espèce, les enjeux sont aussi financiers pour les propriétaires privés aussi bien que pour les communes.

Les plantes

De la même manière que pour les animaux, la diversité des habitats et des sols de l’Argonne permet à une grande variété de flore et de fonge de se développer. Ainsi, la flore d’Argonne se compose aussi bien d’espèces des milieux humides ou secs, acides ou basiques, ouverts ou forestiers… Un grand nombre de plantes de l’Argonne bénéficie d’une protection nationale, régionale ou départementale comme :

 

  • La Cervicaire (Campanula cervicaria), ou encore la Prêle des bois (Equisetum sylvaticum) pourles espèces forestières.

 

  • Le marisque (Cladium mariscus), le trèfle d’eau (Menyanthes trifoliata), le Faux-nénuphar (Nymphoides peltata), le Potamot à feuilles aigües (Potamogeton acutifolius) ou encore le Scirpe ovoïde (Eleocharis ovata) pour les espèces de milieux humides.

 

  • L’ophioglosse répandu (Ophioglossum vulgatum) ou l’orchis vert (Dactylorhiza viridis) parmi les espèces des milieux ouverts.

 

Du fait de sa situation géographique, l’Argonne se trouve à la limite entre deux domaines phytogéographiques : le domaine atlantique à l’ouest et le domaine médio-européen à l’est. Cette zone de transition entre deux écotones présente un intérêt particulier pour suivre et étudier les influences du changement climatique. Certaines espèces en limites d’aire de répartition pourraient apparaître progressivement en Argonne et être considérées comme des marqueurs de l’évolution climatique. C’est le cas de l’Iris fétide (Iris foetidissima) ou de la Pulmonaire à longues feuilles (Pulmonaria longifolia).

Les Orchidées…

L’Ophrys mouche par Max Chaffaut

L’Argonne est bien connue par les amateurs pour ses nombreuses espèces d’orchidées : 26 y sont répertoriées, dont le Dactylorize de mai (Dactylorhiza majalis), l’Orchis grenouille (Coeloglossum viride) ou l’Orchis négligé (Dactylorhiza praetermissa), espèces classées « quasi-menacées » sur la liste rouge nationale.

l’Orchis grenouille (Coeloglossum viride) est également classée comme espèce « en danger critique d’extinction » sur la liste rouge des orchidées de Champagne-Ardenne.

 

 

Certaines espèces bénéficient d’une protection régionale ou départementale comme l’Orchis négligé (Dactylorhiza praetermissa) protégé en Champagne-Ardenne et en Lorraine, l’Epipactis de Müller (Epipactis muelleri) et l’Orchis grenouille (Coeloglossum viride) protégées en Lorraine ou encore l’Epipactis pourpre (Epipactis purpurata) qui bénéficie d’une protection départementale dans les Ardennes et la Marne.

Les plantes obsidionales

Des travaux de recherches menés sur les plantes introduites en France par les armées lors des conflits indiquent que certaines plantes de l’Argonne pourraient être d’origine obsidionale. L’Argonne ayant été le théâtre de nombreux conflits, les armées qui ont circulé sur ce territoire ont pu être vectrices pour certaines espèces. Parmi les plantes considérées comme obsidionales, la Bermudienne des montagnes (Sisyrinchium montanum) n’a été observée qu’après la fin de la Première Guerre Mondiale. Elle fut possiblement importée par les armées américaines car originaire d’Amérique du nord, et probablement présente dans les fourrages destinés aux chevaux. La répartition des stations de Bermudienne des montagnes en Argonne est corrélée avec l’historique des déplacements des troupes américaines en 1918 sur une dizaine de localités dont Montfaucon-en-Argonne, Neuvilly-en-Argonne, Varennes-en-Argonne, et La Croix-aux-Bois. Le Scirpe vert sombre (Scirpus atrovirens) dont des stations ont été relevées à Beaulieu-en-Argonne et à La Chalade aurait approximativement les mêmes origines que la Bermudienne des montagnes.

Les corridors écologiques sur le territoire argonnais

Les Trames verte et bleue sont une des mesures mises en place par le Grenelle de l’Environnement ayant pour objectif de limiter le déclin de la biodiversité en agissant sur la préservation et la restauration des continuités écologiques, pour permettre aux espèces animales et végétales, de circuler, de s’alimenter, de se reproduire, de se reposer… en d’autres termes d’assurer leur survie, et permettre aux écosystèmes de continuer à rendre à l’homme leurs services.

Les continuités écologiques sont l’ensemble des zones vitales (réservoirs de biodiversité), et des éléments qui permettent aux espèces d’y circuler et d’y accéder (corridors écologiques).

Pour mettre en place les Trames verte et bleue, chaque territoire identifie les réservoirs de biodiversité dont il dispose. Souvent, ces réservoirs sont constitués des zones boisées, et des zones protégées telles que le réseau des sites Natura 2000, les zones Ramsar, les ENS…

…et tous les autres périmètres bénéficiant d’un programme de préservation.

Il suffit alors de relier ces réservoirs entre eux par des corridors écologiques. Pour les identifier, chaque type d’occupation du sol est associé à un coefficient de perméabilité en fonction de sa facilité à être emprunté par les espèces. Les corridors écologiques sont ainsi constitués des espaces par lesquels les espèces ont le plus de facilité à circuler (haies, ripisylves, zones naturelles, bosquets, bandes enherbées…).

Les espaces de vie et de circulation identifiés de cette manière sont ensuite comparés avec des informations sur les aménagements existants (routes, voies ferrées, barrages, écluses, zones urbaines…). Cette étape permet d’identifier les obstacles possibles à la circulation des espèces, et de définir des actions à mettre en œuvre pour entretenir ou restaurer les continuités écologiques.

 Espace de circulation d’intérêt suprarégional

De par sa superficie et sa situation l’Argonne occupe un rôle fondamental dans la circulation des espèces au niveau international, national et également à l’échelle de la Région Grand Est. Sur le plan international, l’Argonne se situe dans les couloirs de migration privilégiés par les oiseaux, et plus particulièrement par les espèces affectionnant les zones et milieux humides. Elle dispose en effet de plusieurs atouts. En premier lieu, la présence d’un grand choix de sites d’accueil tels que les nombreux étangs, et les prairies humides, souvent inondées en hiver augmentant encore les surfaces en eau disponibles. La présence d’une agriculture aux multiples facettes appuyant son modèle économique à la fois sur les prairies, mais aussi sur les grandes cultures, permet aux oiseaux de trouver de quoi reconstituer leurs réserves dans les reliefs des moissons.

Pie grièche tête rousse par L.Lambert

Les espèces migratrices sont ainsi observées en grand nombre en Argonne. Il s’agit d’espèces migratrices bien connues telles que les Grues cendrées ( Grus grus), les Vanneaux huppés (Vanellus vanellus) ou les Cygnes ( Cygnus olor), mais également d’espèces migratrices plus confidentielles comme le Pygargue à queue blanche ( Haliaeetus albicilla).

Aux niveaux national et régional, l’Argonne peut être considérée comme un véritable carrefour pour la circulation des espèces.

 

Sur le plan national, le document cadre fixant les orientations pour la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques propose une série de « continuités écologiques d’importance nationale pour la cohérence nationale de la trame verte et bleue ».

De grandes continuités écologiques sont ainsi identifiées selon plusieurs thématiques. Trois de ces grands axes passent par l’Argonne. Ils concernent les milieux boisés, les milieux ouverts frais à froid et un important couloir de migration.

Deux autres axes passent à proximité directe de l’Argonne, l’axe n°9 de la thématique « Continuités écologiques bocagères » qui longe l’Argonne à l’est du périmètre d’étude, et l’axe n°10 de la thématique « Continuités écologiques des milieux ouverts thermophiles dont la tendance calcicole est plutôt nette » qui passe le long de la limite nord de l’Argonne, au niveau des Crêtes Préardennaises.

Rousserolle turdoïde par Max Chaffaut

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Retour