16 rue Thiers - 55120 Clermont-en-Argonne

Les patrimoines

Une grande richesse patrimoniale et historique

L’Argonne dans l’Histoire de France : la préhistoire…

Les premières traces humaines identifiées datent du mésolithique (-12 500 à – 6 000 ans). Le Néolithique (-6 000 à -2 200 ans) marque le début de l’agriculture en Argonne. Des populations s’installent entre les plateaux et les vallées. Les activités de ces peuplements de pasteurs et d’agriculteurs ont laissé des traces nombreuses : ateliers de taille de silex près des sources ou sur les crêtes forestières, camps-refuges d’hivernage sur les éperons, village d’Ante (Ardennes)… Des constructions comme des tumuli ont été découvertes près de Récicourt. L’Âge du Bronze (- 2 200 à – 800) et l’Âge du Fer (- 800 à – 50) ont été des périodes privilégiées pour l’artisanat. La période de Halstatt (Âge du Fer) a laissé d’abondantes nécropoles et des éléments notoires en plusieurs sites. Dans les années 2000, des éléments en bronze datant de l’Age du Bronze ont été découverts à Sivry-sur-Ante. Des fouilles ont également révélé des bâtiments datant de l’Âge du Fer à Beaulieu-en Argonne, et des mobiliers divers : silex, céramiques, ossements d’animaux.

L’époque gallo-romaine

En Argonne, on trouve de nombreux vestiges datant de cette époque. Au cours de fouilles opérées par Georges CHENET au début du XXe siècle, des traces de villas gallo-romaines ont été découvertes à Auzéville, Parois, Brabant-en-Argonne, Récicourt, Aubréville. Profitant de l’abondance de matières premières telles l’argile, l’eau et le bois, un artisanat local de la terre cuite s’est fortement développé : matériaux de construction (notamment tuiles canal dites « romaines) et principalement la céramique avec la poterie « sigillée ». Cette poterie se caractérise par un vernis rouge grésé et par des décors en relief, des « estampilles » d’où le nom, sigillée venant de sigillum, le sceau. Ce type de poterie rencontrait un très grand succès dans le monde méditerranéen et les ateliers d’Argonne, à partir de 120 jusqu’au IVe siècle, ont diffusé leurs productions dans le nord de la Gaule, la Belgique ainsi qu’en Bretagne et Germanie. Le développement de ces ateliers est directement lié aux voies romaines qui traversaient l’Argonne et dont le tracé est encore visible aujourd’hui, passant par Reims, Arlon, Trèves, Verdun et Metz notamment.

L’Epoque du Moyen-âge (Ve – XVe siècle)

Le traité de Verdun (août 843) organise la partition de l’empire de Charlemagne et consacre pour des siècles la division de l’Argonne. La rivière Biesme devient alors une frontière, qui perdurera jusqu’à nos jours comme une limite administrative nettement marquée et ressentie. Entre le Ve et le VIIIe siècle, au cœur de l’ère mérovingienne, les Francs fondent de nombreux villages comme celui de Lavoye. Une série de fouilles de la nécropole mérovingienne de Lavoye a mis au jour 367 sépultures et a permis d’exhumer un riche patrimoine. La tombe dite « du chef » est exposée au Musée d’Archéologie Nationale de Saint-Germain-en-Laye. Le VIIe siècle, marque le début des implantations monastiques et des constructions d’abbayes, d’abord bénédictines puis cisterciennes. Les plus anciennes sont les abbayes de Montfaucon­d’Argonne (597) et Beaulieu-en-Argonne (642). Les implantations s’échelonnent jusqu’au XIIIe siècle.

Les activités développées par les abbayes modifient profondément le paysage. Les moines tracent les routes et assainissent les marais. L’extension des propriétés monastiques s’accompagne du défrichage de la forêt en vastes clairières. La forêt est aussi mise en valeur par son exploitation, alimentant notamment les « industries à feu », fortement consommatrices de bois. A partir du XIe siècle, les abbayes jouent un rôle majeur dans la création des verreries. Les moines de l’abbaye de Châtrices (1144), font creuser des étangs pour la pisciculture, pratique qui se développera fortement et subsiste encore de nos jours. Les moines pratiquaient également la viticulture. En témoigne la grande renommée de Dom Pérignon, natif de Sainte-Ménehould et novice de l’abbaye de Moiremont, qui fut proclamé inventeur du champagne.

La viticulture perdure jusqu’au XIXe siècle en Argonne pour une production locale de piètre qualité, le climat argonnais ne se prêtant pas à la production de vin. La production est abandonnée au XXe siècle à cause de l’invasion du phylloxera (maladie de la vigne) et des ravages de la 1ère Guerre mondiale). La culture vinicole reste encore très présente dans l’identité argonnaise comme le montrent les toponymes tels « La Côte à Vigne » et « Les Vignettes ». Le pressoir de Beaulieu-en-Argonne datant du XIIIe siècle, en est le vestige le plus emblématique. Il pèse près de 30 tonnes et pouvait écraser plus de 3 tonnes de raisin à la fois.

L’Epoque Moderne – Des actes fondateurs de notre République – XVIe au XVIIIe

Le site de Valmy – VVV

La Guerre de Trente Ans (1618-1648), la Fronde (1648-1653), les épidémies de peste (1626-1627, 1630-1637) et les famines qui sont la conséquence des terribles hivers de 1638 et de 1640 font chuter la population argonnaise, à peine relevée des ravages de la Guerre de Cent Ans (1337-1453). Les périodes prospères alternent avec les périodes de crises. Avec les nombreux défrichements et le développement des arts et industries du feu, l’utilisation des ressources forestières, malgré leur abondance, provoque des conflits d’usage, mettant en cause la surexploitation. Ces conflits débouchent sur des arbitrages et de longs procès.

 

C’est le début de tentatives de réglementation de l’abattage, de la chasse et de l’élevage afin de préserver les bois. Avec les aléas que subissent les verreries, la production de faïence demeure une activité économique remarquable pour la région. Ces faïenceries produisent surtout de la vaisselle et des pièces de formes nouvelles telles les bouquetières à décor floral ou animalier. A partir du XVIIe siècle, cet artisanat explose en Argonne parce que la demande de vaisselle en céramique devient très importante, la vaisselle de métal a presque totalement disparu, victime des « fontes somptuaires ». La céramique fine et ornée devient alors à la mode dans la noblesse et la bourgeoisie. Grâce à la richesse de l’Argonne en matières premières adéquates, les faïenceries se multiplient : Waly (1708­1880), Les Islettes (1735-1848), Lavoye, Clermont-en-Argonne, Froidos, Montgarny, Rarécourt, Salvange, Sainte-Ménehould, Boureuilles, Autrécourt, Brizeaux, La Grange-le-Comte.

 

Pendant la Révolution Française, deux événements majeurs ont marqués le territoire de l’Argonne :

 

  • L’arrestation du roi de France Louis XVI, le 21 juin 1791 à Varennes-en-Argonne : Le roi et sa famille, déguisés, fuyant Paris vers l’est pour rejoindre les troupes autrichiennes et les émigrés français, sont reconnus et ramenés à Sainte-Ménehould par Jean-Baptiste Drouet.

 

  • Un peu plus d’un an après cette arrestation, l’Argonne est le théâtre d’un nouvel événement majeur. Elle est envahie par l’armée austro-prussienne du Roi Frédéric Guillaume II. L’armée est commandée par le Duc de Brunswick. L’armée révolutionnaire française conduite par Dumouriez et Kellerman contient l’assaut. Le chant « la Marseillaise » et les cris « Vive la Nation » galvanisent les troupes. Cette bataille permet de sauver la Révolution. L’invasion se termine le 20 septembre 1792 sur le plateau de Valmy, au pied du moulin. Aujourd’hui, ce site possède une renommée internationale. Au pied du moulin de Valmy, Un centre d’Interprétation retrace cet acte fondateur de notre République.

 

Le XIXe siècle…

 

Neuvilly-en-Argonne par Max Chaffaut

A cette période, l’économie argonnaise se développe, notamment au travers de l’agriculture. L’accent est mis sur la production de céréales et sur la production fruitière. Mais cette dernière n’a pas prospéré durablement, trop délicate pour le climat local. Au XIXe siècle, se développe l’extraction et le broyage de nodules de roches phosphatées appelées « coquins ». Ils servent d’engrais minéral naturel. Les premiers sites d’exploitation se situent à Grandpré et Senuc. Ils se multiplient ensuite sur une bonne partie du massif. Les moulins à eau sont reconvertis en moulins à coquins. Le dernier moulin à coquins, encore en état de marche, se situe à Rarécourt.

 

Au XIXe siècle, l’industrialisation devient une priorité économique.

La métallurgie argonnaise, jusqu’alors composée de petites unités de production, et notamment localisée dans les moulins à eau, périclite. Ceci s’explique par l’augmentation de la productivité des hauts fourneaux du bassin lorrain utilisant le charbon comme combustible et par de nouveaux perfectionnements techniques.

Les petites entreprises artisanales, dépassées, ferment ou concentrent leurs activités.  La plupart de ces unités s’éteignent entre 1848 et 1860. Dans un contexte économique difficile, la production argonnaise de faïences est victime de la concurrence des faïences fines à décor imprimé et de l’engouement pour la porcelaine. 5 entreprises restent en activité au milieu du XIXe siècle alors qu’elles étaient 14 au début du siècle. Il en reste seulement 2 à la fin du siècle.

Le XXe siècle 

La Première Guerre mondiale a beaucoup marqué le territoire et le sol argonnais. Après la 1ère bataille de la Marne (5 au 12 septembre 1914), les Français et les Allemands stabilisent leurs positions au centre du massif forestier, espace stratégique et « château-fort naturel ».

Vestiges de 14/18 en Argonne Max Chaffaut

La forêt devient le théâtre de durs combats, attaques, bombardements et « guerre des mines ». L’entrée en guerre des Etats-Unis est un tournant majeur du conflit avec, à l’automne 1918, une offensive décisive nommée « Offensive Meuse-Argonne » : 47 jours, 117 000 tués ou blessés. Plusieurs monuments, parfois imposants comme ceux de Varennes-en-Argonne et de Montfaucon­d’Argonne sont dédiés à la commémoration de cet engagement. Tous les soldats américains tués lors de cette offensive, et bien d’autres tombés dans des combats plus éloignés, sont réunis dans le plus grand cimetière militaire américain d’Europe à Romagne-sousMontfaucon (Meuse).

La Seconde Guerre mondiale laisse aussi ses traces, non spécifiques au territoire mais bien réelles : des destructions, des disparitions, des déportations… En 1940, lors de la campagne de France, les combats furent acharnés dans le nord meusien (bataille de Stenay) et ardennais, pour tenter en vain de bloquer l’armée allemande. Mais à part dans les villes de Vouziers et Sainte-Ménehould et dans quelques villages, la rapidité de l’avancée fit qu’il y eut peu de destructions importantes.

Forêt de Vienne-le-Château durant la Grand Guerre

Les meurtrissures liées aux exactions de l’occupant et de la milice française, avec leur lot de tués, de blessés et de déportés comme à Clermont-en-Argonne, laissèrent des traces profondes encore sensibles aujourd’hui. La fin de la guerre s’accompagne de changements des modes productifs, autant que des modes de consommation. L’agriculture évolue rapidement avec la généralisation de la mécanisation qui avait été amorcée dès la fin du XIXe siècle. Les engins à moteur remplacent les chevaux. Les surfaces cultivées augmentent.

 

 

Le tissu industriel évolue également. Les industries traditionnelles, très liées à la ressource bois (énergie et matière première) déclinent. Elles laissent place à des productions plus « modernes » (matériaux composites et plastiques, mécanique de précision…) dont quelques fleurons s’implantent en Argonne (Tuboplast à Vienne-le-Château (Marne), Réalméca à Clermont en Argonne (Meuse).

L’Argonne est un territoire à la richesse patrimoniale certaine. Sa caractéristique majeure est sa richesse en patrimoine vernaculaire. Chaque village a gardé un édifice qui rythmait la vie quotidienne (lavoir, gayoir, grand bassin dans lequel on baigne les chevaux après l’effort, abreuvoir, puits) ou la vie religieuse avec ses différentes croix, oratoires, sources dédiées, chemins de croix, chapelles.

Le patrimoine bâti

Les ravages des guerres, se succédant siècle après siècle, ont considérablement amoindri le patrimoine bâti argonnais. La Révolution Française et la Première Guerre mondiale sont les principales périodes de destruction. Mais les monuments heureusement sauvegardés témoignent d’un réel et typique vocabulaire architectural. Une des particularités de l’architecture argonnaise est l’utilisation de la gaize un peu partout sur le territoire. Soit elle est utilisée seule, comme pour certains édifices religieux, soit en appareillage, alternée avec la brique. La particularité du bâti argonnais est caractérisée par différents styles architecturaux : Les maisons à pans de bois, (Voir atlas cartographique p. 53) aussi appelées à colombage, se caractérisent par une structure en bois et un revêtement en torchis.

Chartreuse du Mondieu -Michel Maraquin

Edifiées entre le XVIe et le XIXe siècle, ces maisons typiques ont une ossature de bois et un toit en tuiles « canal » à faible pente. Elles sont réalisées avec les matières premières locales et sont présentes avec plus ou moins de densité sur la moitié sud du périmètre d’étude. Les maisons les plus anciennes (XVIe-XVIIe) sont ornées d’éléments décoratifs. Leur soubassement est réalisé en pierre, en gaize la plupart du temps. Elles sont souvent surélevées par rapport à l’usoir (trottoir) par quelques marches.

 

De beaux exemples sont visibles à Passavant-en-Argonne et à Brizeaux. Dans la partie nord de l’Argonne, l’habitat ancien est majoritairement représenté par des maisons en briques et en pierre calcaire jaune nommée « pierre de Dom » ou « pierre de Soleil ». Cette pierre est réservée aux encadrements, aux chaînes d’angle, la brique remplissant le reste des murs.

Curieusement la zone de front de la 1ère Guerre mondiale, large d’une vingtaine de kilomètres correspond à ces limites architecturales. Les destructions de villes et villages ont été conséquentes, parfois totales. Après la guerre, il s’ensuit une reconstruction harmonieuse. Les maisons ont été rebâties en pierre (meulières, moellons de pierre de Savonnières) ou en briques, de couleur grise ou ton terre cuite. Deux particularités architecturales typiques de cette époque sont l’apparition des baies à arcs surbaissés et la généralisation de l’emploi de la brique de parement pour la construction des chaînes d’angle et des linteaux. La relative uniformité de ces reconstructions est tempérée par les fantaisies d’utilisation des briques de parement et l’emploi dans les constructions plus riches de briques émaillées. Cependant, à Sainte-Ménéhould notamment, le style des bâtiments anciens préservés s’est imposé lors de la reconstruction.

Le patrimoine religieux en Argonne

Le patrimoine religieux argonnais, riche et varié relève du seul culte catholique à la différence des entités territoriales limitrophes. Les édifices religieux sont répartis en 4 catégories : les églises, les
chapelles, les croix et monuments religieux, les abbayes (Voir atlas cartographique p. 50). Des églises paroissiales se trouvent dans la plupart des villes et villages, soit près de 160 et dont 43  sont classées à l’inventaire des Monuments Historiques (26 en Argonne ardennaise, 8 en Argonne marnaise, 9 en Argonne meusienne).

Guillaume Ramon / Eglise St Didier de Clermont

La grande majorité des églises classées d’Argonne est de style gothique. Elles ont été construites autour du XVe siècle. Cependant, certaines comportent des éléments du XIIe siècle comme à Varennes-en-Argonne, Villotte-devant-Louppy et Sainte-Ménehould.

 

De nombreuses églises non classées ont été fortement remaniées au cours du XIXe et au début du XXe siècle, après la Première Guerre mondiale.

 

 

Dans les zones de combats de 1914-1918, de nombreux édifices ont dû être entièrement reconstruits au cours des années 1920. L’Argonne présente encore, malgré les nombreuses destructions, un ensemble rare d’églises fortifiées dotées d’éléments défensifs comme des fenêtres de tirs ou des meurtrières (Eglises Saint Didier de Clermont-en-Argonne et Saint-Laurent de Verpel). Certaines ont une typicité particulière car elles sont dites « à défenses basses ».

Elles ont des salles de refuge au rez-de-chaussée. On y trouvait également des cheminées et parfois un puits au centre de la nef ou dans le chœur. Les exemples les plus frappants sont l’église fortifiée de Saint-Juvin, datant du XVIIe siècle, et celle de Foucaucourt-sur-Thabas.

D’autres églises argonnaises se révèlent également remarquables par leur architecture ou leur histoire. Les plus connues sont notamment l’église Saint­Maurille de Vouziers avec un grand portail sculpté du XVIe siècle et l’église Saint­Louvent de Rembercourt-aux-Pots datant du XVe siècle, construite dans un style gothique flamboyant.

La typicité des églises argonnaises réside également dans l’utilisation de la gaize comme matériau de construction, et l’utilisation fréquente du bois, pour la structure comme pour le mobilier religieux. Les chapelles sont au nombre de 22 et éparses sur le territoire. Seulement deux d’entre elles sont classées à l’inventaire des Monuments Historiques. Cinq sont regroupées dans la partie sud de l’Argonne. L’une des plus remarquables par son architecture audacieuse du XXe siècle est la Chapelle de Saint-Rouin, à Beaulieu-en-Argonne.

L’Argonne compte d’autres types de monuments religieux classés tels des cimetières, des presbytères, le retable de l’ermitage de Saint-Rouin (XVIIIe)… Les croix de carrefour et de chemin sont une composante significative du paysage argonnais. Historiquement, elles étaient implantées soit à l’emplacement d’un culte païen, soit pour protéger spirituellement un terrain, soit pour marquer les limites des communes, seigneuries ou juridictions religieuses. Les nombreuses croix en fonte datent pour la plupart du XIXe siècle. Certaines croix de pierre surmontent un autel qui servait pendant les processions. L’Argonne recèle un patrimoine monastique intimement lié à son histoire.

Bien qu’il ne subsiste que les vestiges de la plupart des abbayes, ces édifices sont des témoins du passé et de l’identité argonnaise. Au total, treize abbayes sont réparties majoritairement sur l’axe central de l’Argonne et au nord des Ardennes  :

• La Chalade (Meuse)
• Chéhéry (Ardennes)
• Beaulieu-en-Argonne (Meuse)
• Moiremont (Marne)
• Montfaucon d’Argonne (Meuse)
• Notre-Dame de Montiers-en-Argonne (Possesse – Marne)
• Belval-Bois-des-Dames (Ardennes)
• Landèves (Ballay – Ardennes)
• Abbaye des Rosiers ou Roziers (Séchault – Ardennes)
• Lisle-en-Barrois
• Longwé (Ardennes)
• Chartreuse de Mont-Dieu

L’état des connaissances sur les châteaux, demeures seigneuriales et maisons de maître a été relevé par les services régionaux de l’inventaire pour le projet de PNR en Argonne. Cet inventaire classe les 26 châteaux répertoriés selon trois types : ceux qui existent encore, ceux qui ont été détruits et ceux dont il reste des vestiges. Beaucoup de châteaux de la partie sud de l’Argonne ont été détruits notamment lors de la Fronde et en raison des conflits entre le Duché de Lorraine et le Roi de France. La Première Guerre mondiale a largement contribué à la mise à bas des vestiges de ces bâtiments. La butte du château de Sainte-Ménehould et le plateau de Sainte-Anne à Clermont-en-Argonne sont deux promontoires remarquables, témoins d’anciennes places fortes démantelées au XVIIe siècle et dont ne subsistent que les mottes castrales caractéristiques. Les châteaux qui existent encore sur l’ensemble du territoire sont répartis de manière inégale (Voir atlas cartographique p. 52). Ils sont plus nombreux sur la partie ardennaise (9 sur 26). Les autres sont sur les côtés est et ouest du périmètre d’étude ainsi que sur la bordure sud. Ils sont absents le long de la limite entre la Marne et la Meuse. Ils datent pour la plupart du XVIe siècle, à l’exception de Marcq, Buzancy et La Berlière dont l’origine remonte au XVIIIe s. Certains de ces châteaux s’apparentent à de grosses maisons bourgeoises.

Les maisons de maître sont des résidences de notables. Les gentilhommières des nobles verriers sont en pierre de taille pour celles du XVIIIe ou, plus modestement, pour les plus anciennes, construites avec les matériaux du cru (charpentes de bois, torchis et toitures caractéristiques à 4 pans).

Le patrimoine vernaculaire

Les lavoirs sont fort logiquement construits près de ressources en eau :

 

  • Le long des rivières, comme à Sainte-Ménehould sur les berges de l’Aisne et de ses affluents. Certains possèdent une installation originale qui permet de régler la hauteur de leur plancher
    en fonction du niveau du cours d’eau.

 

  • Près des lieux de captation de source, le bassin occupe alors l’essentiel de l’intérieur du lavoir. Certains lavoirs en présentent deux, un en aval pour le lavage et un en amont pour le rinçage comme à Apremont-sur-Aire. Le bassin est entouré d’une margelle de pierre, plus ou moins inclinée vers l’eau, sur laquelle le linge était battu.

La construction de lavoirs publics remonte au milieu du XIXe siècle. Exception remarquable, le lavoir de Triaucourt date du XVIIIe et est classé Monument Historique. La plupart sont couverts d’une toiture mais il existe quelques exemples de lavoirs à ciel ouvert comme à Evres-en-Argonne. Nombre d’entre eux ressemblent à des maisonnettes construites en pierre ou en brique. D’autres possèdent une ossature en bois, avec quelquefois un soubassement en pierre. Les toitures des « lavoirs avec impluvium » présentent 2 ou 4 pans inclinés afin d’évacuer les eaux pluviales vers le bassin, comme à Bar-les-Buzancy, Brieulles-sur-Bar ou Condé-lès-Autry. Les lavoirs étaient des lieux de rencontre et d’échange. Ils ont été utilisés jusqu’à l’arrivée de l’eau courante dans les villages. Des lavoirs particuliers dits « patouillet », « lavoir à mines », « lavoir à minerai » ou encore « lavoir à bras » se trouvent dans la partie nord de l’Argonne. Ces aires de lavage permettaient d’extraire le minerai de fer des argiles. Ils datent du XIXe siècle. Il en existe de 2 types. L’un en bord de rivière avec une roue à eau et l’autre à proximité d’une retenue d’eau, souvent couplé avec un manège à chevaux.

Des fontaines et des abreuvoirs peuvent être accolés aux lavoirs, mais ils peuvent aussi être indépendants. Jalonnant les rues des villages, ils sont les témoins de la volonté publique de maîtriser et d’améliorer l’accès à l’eau potable. En Argonne, ils sont souvent ornés d’éléments en fonte. Ils se composent d’une pompe ou d’un simple bec cracheur mais possèdent parfois des ornements assez raffinés. Enfin l’Argonne compte quelques exemples de gayoirs comme à Brocourt-en-Argonne, Septsarges ou Sommerance. Souvent non loin d’un lavoir, le gayoir est un bassin pavé qui descend en pente douce afin que chevaux et troupeaux puissent s’y laver. Au sein des villages, d’autres éléments en lien avec la vie rurale courante complètent le patrimoine comme les fours à pain. A Futeau, le four à pain date du XVIIe siècle.

Le patrimoine industriel en Argonne

La notion de patrimoine industriel comprend les vestiges de la culture industrielle qui sont de valeur historique, sociale, architecturale ou scientifique, englobant des bâtiments, des machines, des ateliers, des moulins… aussi bien que des lieux utilisés pour des activités sociales en rapport avec l’industrie. En Argonne, la majorité des édifices et vestiges industriels se situe dans les Ardennes avec une importante concentration de moulins. En Marne et Meuse subsistent majoritairement des vestiges des industries agroalimentaires et du feu, notamment dans le centre de l’Argonne (Voir atlas cartographique p. 49).

L’Argonne est traversée par de nombreux cours d’eau sur les bords desquels plusieurs moulins sont encore présents. Ils servaient en premier lieu à moudre la farine mais leur usage s’est diversifié au fil du temps, utilisant la force de l’eau pour l’industrie, le lavage et le broyage des coquins. L’un d’entre eux, à Rarécourt, est dans un état de conservation remarquable, avec son mécanisme en état de fonctionnement. L’industriel verrier Louis du Granrut, puis ses fils se sont engagés au début du XXe siècle dans la production d’électricité, fondant la société Force et Lumière d’Argonne qui réhabilite d’anciens moulins et desservira 46 agglomérations et 14 200 habitants. Certaines de ces usines hydro-électriques fonctionnent encore : Chéhéry, Froidos… Des moulins mus par la force éolienne, il reste peu de vestiges connus hormis le plus fameux, celui de Valmy (Marne).

Le patrimoine industriel lié aux arts du feu concerne toute activité reposant sur la transformation d’un matériau par la chaleur. Leur déclinaison industrielle est présente en Argonne de l’époque galloromaine au XXe siècle. Il en reste encore de nombreuses traces. Les bâtiments annexes des verreries et anciennes maisons de verriers (maisons de maître et cités ouvrières) sont courants sur le périmètre du projet de PNR en Argonne. Ils sont notamment présents dans la vallée de la Biesme et aux Islettes, localisation de la dernière verrerie argonnaise, fermée en 1937. Des vestiges de faïenceries sont aussi notables, à Clermont-en-Argonne, à Lavoye, à Froidos, au château de Salvange, au bois d’Epense et à Rarécourt. De l’ancienne industrie métallurgique du fer subsistent peu de vestiges, sinon des tas de scories à proximité des anciennes implantations, au détour des chemins et dans divers édifices ouverts à la visite plus ou moins régulièrement : croix en fonte, cloches, bénitiers, taques de cheminées… Les bâtiments industriels plus récents ont été détruits ou en partie reconvertis, laissant peu de traces de l’activité antérieure. L’Argonne compte aussi d’anciennes voies de communication, des voies romaines aux voies de chemin de fer, qui sillonnent le territoire. Les voies de chemin de fer et les gares ferroviaires aujourd’hui abandonnées, comme la gare de Nubécourt datant de 1886, sont partie intégrante du patrimoine industriel. Enfin, anciens silos à grains ou autres installations (comme l’usine de carbonisation de bois datant de 1920 située à Charpentry), usines hydroélectriques, lieux d’extraction de tourbe (la dernière a fermé ses portes en 2016)… témoignent d’un patrimoine industriel plus récemment abandonné.

Les patrimoines mémoriel et militaire

La 1ère Guerre Mondiale a laissé une empreinte profonde en Argonne… L’Argonne, rempart naturel, est une terre de mémoire abritant de nombreux sites historiques : lieux de batailles, camps, constructions de guerre, cimetières et nombreux monuments commémoratifs.

Il serait difficile de nommer tous les lieux de bataille tant les combats firent rage dans une bonne partie de l’Argonne, mais certains sites restent aujourd’hui plus connus et visités que d’autres comme la Butte de Vauquois, la Haute Chevauchée ou la Main de Massiges à proximité immédiate du périmètre d’étude.

Site de la Main de Massiges par VVV

La guerre de position entraîne la construction de structures stratégiques pour les combats mais aussi pour assurer le casernement et la logistique pour des dizaines de milliers de soldats. De nombreux vestiges d’ouvrages militaires, subsistent et sont restaurés et mis en valeur par des associations locales. Le Camp de la Vallée Moreau, construit par les Allemands, pouvait accueillir jusqu’à 900 soldats et la plupart de ses installations restent visibles. Côté français, le Ravin du Génie, aussi appelé « ravin des Cuisines » par les soldats, est depuis 2015 un lieu de visite aménagé et libre d’accès.

 

Ce camp était situé à peine à 1,2 km des lignes ennemies et comportait de nombreuses installations (cuisine, infirmerie, dortoirs…) Les tunnels témoignent également des combats de la Première Guerre mondiale. Ils servaient à rejoindre le front, abriter le commandement, installer des postes de soins et des hôpitaux souterrains, approvisionner et stocker les armes et les vivres. La plupart de ces tunnels ont été détruits à la fin de la guerre. Le Kaiser Tunnel, actuellement fermé à la visite pour des raisons de sécurité, fait partie des rares souterrains qui ont été conservés. Des constructions plus singulières datent de cette période comme des lieux militaires de recueillement.

Un exemple remarquable est la chapelle allemande de Falaise, construite entre 1917 et 1918 aux abords d’un cimetière militaire allemand ou celle de Saint-Thomas-en-Argonne nommé « Chapelle des Poilus ».

 

Cimetière militaire de Romagne par Max Chaffaut

Les vestiges des lieux de culte et d’inhumation construits pendant la guerre sont rares car souvent construits avec des techniques rudimentaires et des matériaux « périssables ». Les sépultures individuelles de soldats apparaissent au XIXe siècle.

Après les deux Guerres mondiales, les soldats furent inhumés individuellement. De très nombreux cimetières militaires sont présents sur le territoire argonnais, et témoignent des pertes humaines considérables ainsi que de la diversité des nations impliquées dans ces conflits mondiaux.

 

 

Aujourd’hui, 8 sites argonnais font partie d’une candidature commune au Patrimoine Mondial de l’UNESCO dans le projet « Paysages et sites de mémoire » porté par la France et la Belgique.


Les sites concernés sont les suivants :

• Cimetière militaire allemand de Chestres et nécropole nationale française de Chestres à Vouziers
• Nécropole nationale française de Saint-Thomas-en-Argonne et nécropole nationale française du monument ossuaire de la Gruerie
• Nécropole nationale française de la Harazée à Vienne-le-Château
• Cimetière militaire allemand d’Apremont
• Monument ossuaire français de la Haute-Chevauchée à Lachalade
• Nécropole nationale française de la Forestière à Lachalade
• Cimetière militaire et mémoriel américain «Meuse-Argonne American Cemetery and Memorial » à Romagne-sous-Montfaucon
• Nécropole nationale française de la Maize à Vauquois

 

Le patrimoine immatériel

Le patrimoine immatériel englobe tout ce qui est de l’ordre des savoir-faire, des connaissances, des pratiques culturelles et linguistiques. Il met en valeur une identité qui renforce le sentiment d’appartenance à une communauté. Le patrimoine immatériel a été défini dans l’article 2 de la Convention du Patrimoine Mondial de l’UNESCO, en 1972.

En Argonne, l’artisanat de la céramique et l’industrie de la verrerie représentent une partie significative et majeure de ce patrimoine à fort caractère identitaire. Historiquement présentes en Argonne, ces activités représentent une partie forte de l’histoire culturelle de l’Argonne. Cette riche histoire a laissé de nombreux vestiges, tant en termes d’architecture, qu’en termes de savoir-faire. Moins connues, mais aussi caractéristiques de cette identité sont les activités métallurgiques. Le patois et le patrimoine culinaire contribuent également à définir l’Argonne comme une communauté ayant une personnalité propre. L’industrie du verre a laissé de nombreux savoir-faire en Argonne. Les industries locales produisaient des pièces fines : flacons, verres délicats, coupes, carafes, verre à vitres et plus rarement vitraux. Du XVIIe au milieu du XIXe siècle, les fabrications traditionnelles sont abandonnées, les verreries se spécialisent dans le soufflage des bouteilles fortes dites « argonnaises » puis « champenoises ». Ce développement accompagne l’essor du vignoble proche et la mise au point de la méthode de vinification du champagne. Dans une moindre mesure, les verreries produisent également des cloches de jardin et des bocaux. La production de céramique en Argonne est attestée depuis l’Antiquité romaine. La céramique de l’époque gallo-romaine se caractérise par la production de poterie fine dite sigillée.

La production de céramique a commencé dès le 1er siècle et a laissé des pièces d’une exceptionnelle qualité dont des exemples sont exposés au Musée d’Archéologie Nationale de Saint Germain-en-Laye ainsi qu’au Musée de la Céramique de Lezoux. Après le IVe siècle l’Argonne a produit des pièces comparables aux productions des grandes fabriques françaises. Des passionnés privés ont doté l’Argonne de collections visibles sur son territoire. Le Musée de la Faïence de Rarécourt, situé dans la maison forte de La Vallée, présente depuis 40 ans un riche panorama des productions argonnaises. Et le Musée d’Art et d’Histoire de Sainte-Ménehould vient de se voir doté d’une part importante d’une collection de plusieurs milliers de pièces, dont une autre partie sera également mise en valeur prochainement au Centre Social d’Argonne (Clermont-en-Argonne).

La fabrication de tuiles, de briques et de carreaux de pavement fut un autre pan important de l’artisanat et de l’industrie développé à partir de l’exploitation de l’argile. De nombreux villages possèdent des lieux dits « La tuilerie». La dernière tuilerie en activité, à la Vignette près des Islettes, a fermé en 1981. Les origines anciennes de la métallurgie argonnaise restent encore mal connues. Cette activité pourrait remonter au premier âge du fer, à l’époque gallo-romaine ou au Moyen Age. A une époque plus récente, 15 à 20 usines à fer ont fonctionné de la deuxième moitié du XVe siècle au XVIe siècle. Les dernières usines métallurgiques en Argonne ferment à peu près en même temps que la dernière verrerie argonnaise. Le patois est une langue locale intimement associée au passé humain, historique et culturel d’une région et qui contribue activement au sentiment d’appartenance à celle-ci. Il est toujours présent en Argonne, bien que peu utilisé au quotidien et rarement parlé couramment. Les personnes ayant grandi et vécu aux côtés de patoisants l’ont rapidement assimilé et retenu. Des mots et expressions du patois argonnais émaillent le langage courant. Ce patois est principalement issu d’une déformation linguistique du français, soit par des dérivés, soit par des prononciations différentes.

Les voyelles sont majoritairement touchées par ce phénomène, à titre d’exemple le « oi » devient « ou » et « oire » devient « oèr ». Des racines latines sont également discernables. Par exemple, « boude » qui signifie nombril, vient du Latin bodellus. Le patois argonnais a considérablement évolué au cours de l’histoire. En effet, des mots allemands et hollandais ont intégré le vocabulaire argonnais, comme « ros », « schlof » ou « mastok ». Le patois a été le sujet de diverses études au début du XIXe siècle.

L’étude phare du patois argonnais est la thèse de Jean BABIN, débutée en 1936 et terminée en 1974. Il référencie notamment 841 mots et 76 localités différentes de patois. Une seconde étude majeure est celle de l’abbé JAMEL sur le patois de la région de Florent­en­Argonne. Éditée en 1902, elle contient des précis grammaticaux, des dialogues et une liste d’environ 2 000 mots. Le patrimoine culinaire n’est pas celui d’une région riche mais il reflète l’utilisation des ressources savoureuses du terroir. Le porc, sous de nombreuses formes et en de nombreuses variantes, prédomine dans la cuisine argonnaise. Sa recette la plus originale et la plus renommée est celle du « Pied de Cochon à la Sainte-Ménehould », honoré par La Confrérie éponyme. Les vastes forêts giboyeuses où l’on trouve également en abondance champignons et ail des ours, ainsi que les poissons des rivières et des étangs, ont contribué à enrichir le patrimoine culinaire. Les productions spécifiques de fruits et légumes ne sont pas très nombreuses.

Cependant l’Argonne compte une petite prune typique, la prune de Noberte, également appelée Norberte ou encore prune de Prince. Petite prune ronde, de couleur pourpre et violette, à chair acidulée, il s’agit d’une variété ancienne encore présente dans certains vergers. Il existe également des variétés de pommes anciennes. La Belle Fleur d’Argonne, est une pomme d’automne. Elle est à la fois acidulée et sucrée, sa chair est ferme et croquante. Sa robe est dorée et rouge. La Réhaut, est une autre variété locale. Elle est également appelée Bellerange. Mûre en toute fin d’année elle se conserve jusqu’au mois de mars. Sa chair est relativement ferme et devient fondante lors de la cuisson. Elle s’adapte à tous types d’utilisations. Elle est d’ailleurs utilisée dans la production de cidre doux. La Reinette Grise d’Argonne, différente de la fameuse Reinette Grise du Canada, est une pomme de début d’année qui se conserve quelques mois mais ramollit rapidement. Sa chair est blanche, douce et acidulée, plutôt tendre. C’est une pomme rare en Argonne.Elle servait autrefois à la confection de gelées et confitures.

D’autres variétés sont également présentes comme la Louiton, la Jean Tondeur ou la Couillon de Coq, mais elles sont moins connues et subsistent plus faiblement sur le territoire. Il existe aussi une variété locale de poire, la « Saint-Rouin ». La production de jus de pomme et de cidre fut et reste largement répandue, ce dont témoignent les nombreux pressoirs individuels et collectifs existants.

D’autres recettes campagnardes authentiques autant que roboratives sont connues sur le territoire :

  • La « garitaine » est un plat mijoté d’abats, souvent de cœur et de poumons de porc ou de gibier. Ils sont revenus dans du saindoux, du vin rouge et du bouillon fort en laurier. Ce plat est servi avec des pommes de terre.
  • Les « pataux » aux fèves « pilies » ou pieds de cochon aux haricots.
    La galette à la blamme ou galette au lard, se compose d’une pâte à galette non sucrée qui est garnie avec du lard rissolé, des œufs et de la crème avant d’être mise au four et dégustée avec du cidre ou du vin gris.
  • La soupe aux fèves « pilies », est une soupe toute simple aux haricots avec du bouillon de légumes ou de viande, servie avec du pain. Il s’agit majoritairement de plats populaires que l’on peut aujourd’hui encore retrouver sur les tables argonnaises.

 

Durant des siècles, l’apiculture s’est pratiquée en milieu rural et de manière familiale avec des ruches de paille tressée. En remontant dans le temps, elle était pratiquée de manière encore plus rudimentaire, puisqu’on récoltait le miel sauvage et la cire des « mouches à miel ». Le « droit des mouchettes » était un droit seigneurial qui se transmettait et se vendait, comme l’ont été les mouches à miel du duché de Bar à la reine d’Aragon au XIVe siècle. Les apiculteurs argonnais bénéficient heureusement sur une partie du territoire d’une nature peu traitée.

La chasse est une activité traditionnelle et encore pratiquée en Argonne. Dans la partie ardennaise du périmètre, sur les communes de Brécy-Brières, Challerange, Falaise, Terron-sur-Aisne, Vandy, Voncq et Vouziers, la tenderie aux vanneaux est encore pratiquée. C’est une chasse dite “traditionnelle” qui se pratique à l’aide de filets avec des appelants et des formes placées près de petites étendues d’eau appelées « glauyes » pour attirer les vanneaux. Si les prélèvements par cette technique restent très aléatoires (environ 2% des oiseaux prélevés au niveau national), cette chasse est cependant plutôt encadrée (taille des mailles des filets, quotas annuels départementaux, carnets de prélèvements obligatoires…).


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