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Vestige de notre passé… qu’un de nos adhérents nous a gracieusement fait visiter !

Le four de Rarécourt

Un des derniers fours à Faïence d’Argonne demeure bien caché dans le petit village de Rarécourt. C’est un vestige inestimable que les habitants chérissent,  envisagent de mettre en valeur pour le rendre accessible au public.

Sa construction remonte au XIXème siècle, plus précisément en 1831. A l’époque un certain Vercollier (ouvrier Faïencier de Froidos) a fondé sa faïencerie dans un simple corps de ferme. Pour confectionner ses pièces, il employa un mélange de différentes terres : de la Glaise, de la Terre Blanche et de la Terre rouge. Les motifs s’inspiraient généralement de la nature : on retrouve sur les soupières, plats et assiettes de cette période des représentations de fleurs et d’animaux (Oiseaux, coqs, lapins, canards et même une girafe !). C’est la représentation de la girafe que Méhémet Ali, vice-roi d’Egypte, a offert à Charles X en 1827.

Le “peintre” le plus célèbre du village, Legris, inventeur d’un jaune particulier, avait auparavant travaillé à Salvange, Montgarny, Froidos, Waly et Lavoye.

En 1848, l’industrie faïencière subit une crise économique majeure qui la mènera à sa perte. Au décès de son propriétaire, la Maison fermera.

Durant près de 100 ans elle fut conservée à l’abri d’une grange par une vieille famille paysanne du village. Récemment dans les années 1990, une poignée de bénévoles et passionnés ont entrepris sa restauration, notamment Mrs. Hubert Philippe et François Jannin, aidés par des archéologues et historiens professionnels.

Une exposition de céramique Argonnaise

Lors de notre visite, Mme Marie-Christine Jannin de Les Islettes et M. Sylvain Druet de St Ménehould, étaient présents pour préparer un projet d’exposition à l’été 2016. Cette exposition rassemblera plus de 2000 pièces de Marne et près de 5700 pièces de la Meuse.

La fabrication

La fabrication de la faïence était un travail laborieux et méticuleux qui nécessitait une solide expérience en la matière. Le processus se déroule en plusieurs étapes : tout d’abord le prélèvement de  la terre, une terre de qualité soigneusement choisie. Puis vient l’étape du “patouillard” c’est à dire la phase de « piétinage » de la terre pour faciliter sa décomposition. Ensuite c’est la phase de décantation durant laquelle toutes les bactéries et agents biologiques doivent remonter à la surface. Enfin la mise en pâtons pour la phase de le “pourrissage”, en vue de laisser mourir ces éléments, période qui durait au bas mot 6 mois.

Cette préparation ne concerne que la terre, matière première de la fabrication.

Puis les pièces étaient tournées et/ou moulées avant une période de séchage. On procédait alors à une première cuisson. La deuxième cuisson intervenait après la décoration.

Pour la cuisson le travail était tout aussi complexe. Le four était chauffé durant plusieurs semaines jours au bois avant d’atteindre sa température parfaite, à savoir aux environs de 1000° (sans l’aide de thermomètre ! La période de refroidissement était tout aussi longue : il fallait compter une bonne semaine en moyenne. Le four était fermé à l’aide de briques avant la mise en chauffe.

Aujourd’hui ce four est ouvert au public, il suffit d’en demander l’accès auprès du Maire, sa restauration n’est malheureusement pas terminée, seulement quelques assemblages en polystyrène ont été placés pour reconstituer l’illusion, un long travail est encore à mener là-dessus par la Commune de Rarécourt.

 

 

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